Téléchargez la lettre en pdf

POURQUOI LA FRANCE RISQUE-T-ELLE LA FAILLITE ?

P arce que le gouvernement vient de repousser pour la 3eme fois consécutive son objectif de 3% de déficit, la note de la France risque d’être une nouvelle fois abaissée par les agences de notations. On prévoit déjà un déficit de 4,3% en 2015, annoncé en septembre 2014 ! Qu’en sera-t-il en septembre 2015 ?

Si notre déficit n’atteint pas d’urgence les 3%, toutes les menaces financières se réaliseront. Nous aurons droit à la perte de confiance de nos investisseurs et à l’augmentation de nos taux d’intérêt.

Nous ne trouverons plus personne pour nous prêter les 180 milliards d’euros par an dont notre budget a besoin, ou à des taux prohibitifs et la France se retrouvera en cessation de paiement. Tout cela parce que la politique que mène le Gouvernement, comme ses prédécesseurs, supprime toute possibilité de croissance et de réduction du chômage… Pourquoi ?

Nous n’aurons pas de croissance, parce que toutes les actions mises en oeuvre, reposant sur des impôts excessifs sur les revenus et le patrimoine, ont fait partir nos investisseurs. Ils ont investi et créé des emplois ailleurs, mais plus en France.

Tout a commencé en 1982, lorsque François Mitterrand a créé l’impôt de solidarité sur la fortune, responsable de notre absence de croissance. La croissance naît des investisseurs, or, ils sont quasiment tous partis et cela continue !

Déjà, des quartiers entiers de Français ont été créés à Londres et à Bruxelles, d’autres concitoyens partent en Suisse et au Canada au lieu de rester en France.

Quant au chômage, il perdurera tant que le Gouvernement et les syndicats n’auront pas compris que les entreprises n’embaucheront que si elles reçoivent des commandes et seulement à condition que, une fois la commande livrée et si aucune autre ne vient la remplacer, elles puissent licencier le personnel surabondant. Sans cela, elles n’embaucheront pas !

C’est ce qui s’appelle la flexibilité de l’emploi, ou la flexisécurité, contrairement à la rigidité de l’emploi que toutes les entreprises françaises supportent depuis trop longtemps. Cette flexibilité se pratique couramment aux États-Unis et ailleurs et a permis de sauver un grand nombre d’entreprises de la faillite et de réduire le chômage. L’emploi est bien mieux assuré par la flexibilité que par la rigidité, contrairement à ce que croient les syndicats.

Par ailleurs, les 35 heures de Martine Aubry ont été catastrophiques pour toutes nos activités. Elles sont l’une des causes du manque de compétitivité de notre pays : un coût du travail trop élevé et une durée insuffisante.

De plus, elles coûtent chaque année à notre budget 21 milliards d’euros d’allègement de charges sociales, car l’horaire réduit à 35 heures, mais payé 39 heures, a augmenté d’un coup les charges des entreprises.

Revenir à 39 heures, ce qu’il faudrait faire mais que personne n’ose décider, permettrait de supprimer ces allégements et accorderait au budget 21 milliards d’euros supplémentaires, ce qui n’est tout de même pas négligeable.

Tant qu’aucun gouvernement, de gauche comme de droite, n’aura pas supprimé l’impôt sur le patrimoine et les hauts revenus, les 35 heures et la rigidité du travail, il est inutile de penser qu’un jour la croissance augmentera et le chômage diminuera.

D’ailleurs, si Nicolas Sarkozy, pourtant de droite, n’a pas réussi à faire redémarrer notre économie, c’est bien parce qu’il n’a supprimé ni l’ISF, ni les 35 heures, ni la rigidité du travail.

Avec le gouvernement socialiste actuel, la France continuera à accumuler les déficits et à assister à la décadence de son économie.

En réalité, les lois de l’économie sont immuables et mieux vaut s’y conformer, car elles n’ont rien à voir avec l’idéologie politique. Le moteur de l’économie est la motivation, la recherche de l’augmentation des responsabilités et des rémunérations.

Les Chinois l’ont bien compris, après des années de communisme et de pauvreté, leur dirigeant Deng Xiaopin leur a dit « enrichissez- vous ! », sans limitation. Ils ont compris qu’il valait mieux que les pauvres deviennent riches plutôt que les riches deviennent pauvres.

Aujourd’hui, les Chinois enrichis et travailleurs investissent dans le monde entier et créent des entreprises de hautes technologies.

Serge Dassault