Premier sénateur
Alors, tu es encore parmi nous ?

Deuxième sénateur
Oui, car les anciens sénateurs ont toujours accès à la buvette.

Premier sénateur
Je reviens d’un quartier classé « sensible », rien n’a changé depuis vingt ans. Je suis inquiet pour ses habitants, et surtout pour l’avenir de cette jeunesse oubliée… Tu as été maire, toi, comment as-tu vécu cela dans ces quartiers ?

Deuxième sénateur
Ces problèmes de jeunes délinquants sont la conséquence des mauvaises décisions d’un ancien ministre de l’Éducation nationale, M. René Haby, qui souhaitait que tous les jeunes aient la même formation, alors que tous n’ont pas les mêmes envies ni les mêmes capacités. Il a mis en place un collège unique qui a uniformisé toutes les filières et les programmes.

Premier sénateur
De nombreux jeunes décrochent, car les programmes ne leur sont pas adaptés. La suppression du certificat d’études a aussi été une erreur, car il permettait de valider les connaissances indispensables à la poursuite de la scolarité, lire, écrire et compter. Chaque année, 140 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplômes, sans formation, sans avenir… Autant de proies idéales pour aller nourrir les rangs de la délinquance et faire fructifier l’argent facile du trafic de drogue.

Deuxième sénateur
Il faut considérer ces jeunes, s’occuper d’eux, ce que ne font ni l’Éducation nationale ni même parfois leur famille. Qu’attendons-nous pour remettre en place une filière générale et une autre professionnelle avec une réforme de l’apprentissage digne de ce nom ?

Premier sénateur
En rétablissant la sélection et la possibilité de redoublement, le nouveau ministre de l’Éducation nationale semble aller dans la bonne direction.

Deuxième sénateur
C’est un début, attendons de voir… Il faudrait aussi leur accorder des logements décents, j’ai par exemple détruit de nombreuses tours pour les remplacer par des petits immeubles de trois ou quatre étages, plus espacés. Cela permet aussi de mettre fin aux rassemblements au bas des tours d’immeubles.

Premier sénateur
Cela prendra du temps, il faudrait commencer dès maintenant. Au fait, quel est ton souhait pour 2018 ?

Deuxième sénateur
Ah! Je forme le vœu que la participation des salariés aux bénéfices de leur entreprise soit généralisée et renforcée, car ce sont eux qui créent sa richesse. C’est aussi un levier de motivation extraordinaire, les salariés ne travaillent plus pour le « patron », mais pour eux ; ils ont à cœur de développer et de pérenniser l’activité de l’entreprise.
Un partage équivalent des bénéfices entre salariés et actionnaires transformera le climat social et créera un dynamisme collectif dans le cadre d’une gestion participative où tous pourront s’enrichir ensemble.

Premier sénateur
Ce modèle de gestion pourrait être en fait la traduction économique de l’union nationale mise en place par Emmanuel Macron. Elle rassemblera patrons et salariés autour d’un même objectif, satisfaire les clients, en permettant à tous de s’enrichir. C’était l’idée du général de Gaulle. Le président Macron en a parlé, il souhaite la concrétiser. Il faudra l’aider pour le bien de tous les salariés, c’est le meilleur moyen de mettre fin à la lutte des classes !

Deuxième sénateur
Exactement, encore un exemple de l’indispensable nécessité de poursuivre l’union nationale, seule à même de résoudre les problèmes de la France. N’oublions jamais que les luttes partisanes entre la droite et la gauche bloquent toute possibilité de réformes depuis des dizaines d’années, alors que nos voisins européens se développent et s’enrichissent. Ce jeu d’alternance nous a mis dans une situation financière catastrophique, avec un chômage persistant et une croissance peu dynamique. Nous sommes pourtant tous capables de trouver des solutions communes pour limiter les dépenses, baisser les impôts et réduire le déficit budgétaire et la dette. C’est indispensable. Comme l’a dit Tony Blair : « La bonne politique n’est ni de droite ni de gauche, c’est celle qui marche ». Puisse cette devise guider l’action du Parlement pour 2018, c’est mon vœu le plus cher.

Premier sénateur
Tu peux compter sur moi, je vais en parler à nos amis !